Langue au Canada
Les mots du pays pour dire la fornication, l'adultère ou l'infidélité, leur origine et leurs nuances.
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Fornication : définition et origine du mot
La fornication désigne l'union charnelle entre un homme et une femme non mariés : c'est la définition du Catéchisme de l'Église catholique. Le mot vient du latin ecclésiastique fornicatio, dérivé de fornix, la voûte, devenu le lieu de prostitution. Il est passé par l'ancien français avant d'entrer en anglais vers 1300.
Voir la fiche →Union de fait, union libre ou concubinage : quel mot employer au Québec ?
Les trois termes désignent la vie commune d'un couple non marié. Selon l'Office québécois de la langue française, union de fait et union libre sont les plus courants au Québec, en langue juridique comme courante, tandis que la France emploie surtout concubinage, vie maritale et union libre. Le Code civil québécois n'accorde pas de statut général à l'union de fait.
Voir la fiche →Conjoint de fait : que signifie exactement ce terme ?
Au Québec, la Loi d'interprétation (art. 61.1) définit les conjoints de fait comme deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui font vie commune et se présentent publiquement comme un couple, sans durée minimale sauf disposition contraire. Les lois fiscales exigent, elles, 12 mois de vie conjugale ou un enfant commun.
Voir la fiche →Common-law : comment traduire ce terme en français canadien ?
Dans les lois fédérales canadiennes, common-law partner a pour équivalent français conjoint de fait, et la fiche de l'Office québécois de la langue française associe common-law marriage à union de fait. Ces termes n'ont rien à voir avec la common law comme système juridique : ils désignent un couple non marié qui fait vie commune.
Voir la fiche →Union parentale : un nouveau mot du droit québécois
En droit québécois, l'union parentale désigne depuis le 30 juin 2025 le lien entre deux conjoints de fait devenus parents d'un même enfant né ou adopté après le 29 juin 2025. Le patrimoine d'union parentale réunit la résidence, les meubles et les véhicules familiaux. Le terme s'ajoute à mariage, union civile et union de fait.
Voir la fiche →Adultère : définition religieuse et usage dans les lois canadiennes
L'adultère suppose qu'au moins une des deux personnes soit mariée à quelqu'un d'autre : le Catéchisme catholique le définit comme l'infidélité conjugale. La fornication désigne l'union de deux personnes non mariées. Au Canada, le mot adultère figure encore dans la Loi sur le divorce, comme preuve de l'échec du mariage, et à l'article 172 du Code criminel.
Voir la fiche →Impudicité, impureté, péché de la chair : le vocabulaire catholique québécois
Dans la Bible Louis Segond, impudicité désigne les relations sexuelles illégitimes que d'autres traductions rendent par fornication : 1 Corinthiens 6:18 demande ainsi de fuir l'impudicité. Dans le Québec catholique, impudicité, impureté et péché de la chair nommaient les fautes contre la chasteté que le Catéchisme range parmi les offenses au sixième commandement.
Voir la fiche →Les sacres québécois, héritage inversé du catholicisme
Les sacres québécois sont des jurons formés sur le vocabulaire de la messe : tabarnak vient de tabernacle, câlice de calice, osti d'hostie. Ils se renouvellent au XIXe siècle, quand l'Église catholique domine l'école, la santé et l'aide sociale, et expriment autant la colère que la révolte contre son emprise.
Voir la fiche →Chasteté : un mot religieux longtemps inscrit dans le droit canadien
La chasteté désigne la maîtrise de la sexualité selon son état de vie : abstinence hors mariage, fidélité dans le mariage. Le Catéchisme catholique en fait une vocation de tous les baptisés. Au Canada, le mot est aussi entré dans le Code criminel : jusqu'en 1987, l'infraction de séduction visait une jeune fille de caractère antérieurement chaste.
Voir la fiche →Bâtard, enfant naturel, enfant né hors mariage : les mots de la filiation au Québec
Enfant illégitime, enfant naturel ou bâtard désignaient autrefois l'enfant né de parents non mariés, avec une forte charge sociale au Québec, comme le montre la pièce Tit-Coq (1948). Le droit québécois actuel n'emploie plus ces catégories : tous les enfants dont la filiation est établie ont les mêmes droits, quelles que soient les circonstances de leur naissance.
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