Afrique francophone
Droit civil hérité de la colonisation, coutume et islam ou christianisme cohabitent dans la loi et la vie des couples. Voici les sujets que couvre fornication.info pour l'Afrique francophone, pays par pays.
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Les rubriques
Religions
Ce que disent les textes religieux et les Églises, les confréries ou les communautés du pays sur les relations hors mariage.
10 sujets →Droit
Ce que dit la loi du pays aujourd'hui, ce qu'elle disait hier, et les décisions de justice qui ont tout changé.
10 sujets →Langue
Les mots du pays pour dire la fornication, l'adultère ou l'infidélité, leur origine et leurs nuances.
10 sujets →Histoire
Comment le pays a nommé, jugé puis souvent cessé de punir les relations hors mariage.
10 sujets →Société
Mariage, union libre, naissances hors mariage : ce que disent les chiffres officiels et les débats publics.
10 sujets →Culture
Romans, films, théâtre et chansons du pays qui ont mis en scène la faute, la morale et la censure.
10 sujets →Par pays
Religions
La zina dans l'islam malikite d'Afrique de l'Ouest : doctrine et réalité juridique
Dans le droit islamique classique, la zina désigne toute relation sexuelle hors mariage. L'école malikite, dominante en Afrique de l'Ouest, exige quatre témoins ou un aveu, mais admet aussi la grossesse d'une femme non mariée comme indice. Dans les États laïques de la région, ces règles relèvent de la morale religieuse, pas du droit pénal.
Voir la fiche → SénégalConfréries et marabouts au Sénégal : quelle influence sur le mariage et les mœurs ?
Au Sénégal, environ 96 % de la population est musulmane et presque tous les fidèles se rattachent à une confrérie soufie : tidjane, mouride, qadir ou layène. Les marabouts y conseillent les familles, célèbrent ou bénissent les unions et pèsent dans les débats publics sur la morale, aux côtés du droit civil issu du Code de la famille.
Voir la fiche →L'Église catholique face à la polygamie en Afrique : textes et pratiques pastorales
L'Église catholique rejette la polygamie. L'exhortation Familiaris consortio de 1981 la juge contraire à la communion entre époux et à l'égale dignité de l'homme et de la femme. En 1995, Ecclesia in Africa valorise la famille africaine et l'inculturation, mais sans admettre l'union polygame, ce qui pose des questions pastorales concrètes.
Voir la fiche → RD CongoKimbanguisme : une Église congolaise aux règles morales strictes
L'Église kimbanguiste, née en 1921 au Congo belge autour du prophète Simon Kimbangu, impose à ses fidèles des interdits stricts : polygamie, adultère et fornication y sont proscrits, comme l'alcool, le tabac et la danse. Reconnue en 1959, elle revendique des millions de fidèles, surtout en RDC.
Voir la fiche → Côte d'IvoireHarrisme en Côte d'Ivoire : une Église africaine tolérante envers la polygamie
Le harrisme est né de la prédication du Libérien William Wadé Harris, qui baptisa plus de 100 000 personnes en Côte d'Ivoire et au Ghana en 1913-1914. Il exigeait l'abandon des fétiches, mais lisait l'Ancien Testament comme un miroir de l'Afrique et voyageait lui-même avec plusieurs épouses : d'où une tolérance envers la polygamie.
Voir la fiche →Religions traditionnelles africaines : interdits, ancêtres et règles de l'union
Les religions traditionnelles africaines n'ont pas de code unique : chaque peuple a ses règles. Beaucoup lient le droit de se marier à l'initiation, entourent les cérémonies d'interdits et lisent la maladie ou le malheur comme un signe du mécontentement des ancêtres. Des rites de purification réparent alors la transgression.
Voir la fiche →Islam, christianisme, traditions : quelles positions sur la polygamie en Afrique ?
En Afrique francophone, l'islam autorise un homme à épouser jusqu'à quatre femmes s'il les traite équitablement, l'Église catholique refuse la polygamie, et certaines Églises africaines indépendantes la tolèrent. Selon Pew Research, 25 % des musulmans et 3 % des chrétiens d'Afrique vivent dans un foyer polygame.
Voir la fiche →Lévirat en Afrique francophone : coutume, religions et interdictions
Le lévirat est la coutume par laquelle une veuve épouse un frère de son mari défunt. Présenté comme une protection de la veuve et des enfants, il est critiqué comme une atteinte au libre consentement. Le Burkina Faso l'interdit, le Bénin ne l'admet que sur autorisation du procureur, mais il persiste dans plusieurs pays.
Voir la fiche → MaliMali : comment les religieux ont pesé sur le Code de la famille
En 2009, le projet de Code de la famille voté au Mali a suscité une forte mobilisation de responsables religieux, dont Mahmoud Dicko, alors président du Haut Conseil islamique. Le texte a été révisé : la version adoptée en 2011 reconnaît le mariage religieux et fait du mari le chef de famille.
Voir la fiche → BéninVodun au Bénin : interdits, mariage et cohabitation avec la loi civile
Le vodun, pratiqué par environ 17 % des Béninois et fêté chaque 10 janvier depuis 1993, n'a pas de code écrit : chaque culte a ses initiations, ses interdits et ses prêtres. Les règles sur l'union varient donc selon les cultes, alors que la loi béninoise ne reconnaît que le mariage civil monogame.
Voir la fiche →Droit
L'adultère dans le Code pénal du Cameroun : ce que prévoit l'article 361
Oui. L'article 361 du Code pénal camerounais de 2016 vise l'épouse qui a des rapports avec un autre homme que son mari et le mari qui en a avec d'autres femmes que son ou ses épouses. La peine est une courte peine de prison ou une amende. Les poursuites exigent la plainte du conjoint offensé, dont le pardon les arrête.
Voir la fiche → Côte d'IvoireAdultère en Côte d'Ivoire : que reste-t-il de l'infraction depuis 2019 ?
L'ancien Code pénal ivoirien réprimait l'adultère à l'article 391, avec des conditions plus strictes pour poursuivre le mari. En mai 2019, le ministre de la Justice affirmait que ce délit demeurait. Le Code pénal adopté le 26 juin 2019 a renuméroté les articles : la place exacte de l'infraction doit être vérifiée dans le texte consolidé.
Voir la fiche → RD CongoAdultère en RDC : ce que prévoient le Code de la famille et la loi de 2016
En République démocratique du Congo, l'adultère est réprimé par les articles 467 et 468 du Code de la famille, modifié en 2016. Il est puni de six mois à un an de servitude pénale et d'une amende, peine doublée en cas de circonstances injurieuses, par exemple au domicile conjugal. Seul un mariage légalement reconnu est concerné.
Voir la fiche → Burkina FasoBurkina Faso : comment le Code de la famille encadre la polygamie
Le Code des personnes et de la famille de 1989 permettait aux futurs époux d'opter pour la polygamie avant la célébration, avec l'accord des deux, et ignorait les mariages coutumiers et religieux. Le nouveau code adopté en septembre 2025 reconnaît désormais ces mariages ; ses règles précises sur la polygamie restent à vérifier dans le texte publié.
Voir la fiche → MaliMali : mariage religieux, polygamie et famille dans le code de 2011
Le Code des personnes et de la famille malien de 2011 reconnaît le mariage civil et le mariage religieux. Il autorise un homme à épouser jusqu'à quatre femmes, à condition de les traiter également. Il fait du mari le chef de famille et prévoit l'adultère parmi les causes de divorce. L'âge minimum reste plus bas pour les filles.
Voir la fiche →Mariage coutumier en Afrique francophone : quelle valeur devant la loi ?
Cela dépend du pays. Le Cameroun reconnaît les mariages civil, coutumier et religieux, et le Burkina Faso les reconnaît depuis son code de 2025. Le Bénin et la Guinée ne reconnaissent que le mariage célébré par l'officier d'état civil. Or l'adultère pénal ou l'héritage supposent souvent un mariage légalement établi.
Voir la fiche → GuinéeGuinée : comment le Code civil de 2019 encadre la polygamie
Oui, depuis le Code civil voté en mai 2019. Le mariage y est présumé monogame : un homme ne peut devenir polygame que s'il en fait le choix lors de son premier mariage, avec l'accord explicite de son épouse, et dans la limite de quatre épouses. L'ancien Code civil interdisait la polygamie, sans grand effet pratique.
Voir la fiche → BéninBénin : le Code des personnes et de la famille et la fin du mariage polygame
Oui pour les nouveaux mariages. Depuis le Code des personnes et de la famille de 2004, le droit béninois ne reconnaît que le mariage monogame célébré devant l'officier d'état civil. Les unions coutumières ou religieuses n'ont pas d'effet légal, mais les mariages polygames conclus avant la réforme restent reconnus.
Voir la fiche → SénégalSénégal : les options de monogamie et de polygamie du Code de la famille
Au Sénégal, le Code de la famille de 1972 fait choisir à l'homme, lors de son premier mariage, entre monogamie, polygamie limitée et polygamie jusqu'à quatre épouses. Ce choix, fait avec l'accord de la future épouse, est définitif et ne peut être que restreint par la suite. Une femme, elle, ne peut avoir qu'un seul mari.
Voir la fiche →Adultère et codes pénaux en Afrique francophone : le tableau par pays
Plusieurs pays d'Afrique francophone répriment encore l'adultère. Le Cameroun le punit à l'article 361 de son Code pénal de 2016, la RDC aux articles 467 et 468 de son Code de la famille, et la Côte d'Ivoire le réprimait à l'article 391 de son ancien code. Ailleurs, le statut varie et doit être vérifié texte par texte.
Voir la fiche →Langue
« Deuxième bureau » : d'où vient l'expression africaine pour désigner une maîtresse ?
En français d'Afrique centrale et de l'Ouest, le « deuxième bureau » désigne la maîtresse attitrée d'un homme marié, voire une seconde famille non officielle. L'expression détourne un terme administratif : en France, le Deuxième Bureau était le service de renseignement militaire. L'usage est bien attesté à Kinshasa ; son extension aux autres pays reste à documenter.
Voir la fiche →Coépouse : le mot et les réalités de la polygamie en Afrique francophone
Une coépouse est l'une des épouses d'un même mari dans un mariage polygame. Le mot s'écrit avec ou sans trait d'union. Courant en Afrique francophone, il apparaît dans la littérature, comme chez Mariama Bâ, et dans les débats sur le droit de la famille, où la place de la première épouse fait souvent débat.
Voir la fiche → Côte d'Ivoire« Gaou » : le mot ivoirien de la naïveté amoureuse, de Magic System au dictionnaire
En nouchi, l'argot d'Abidjan, un « gaou » est une personne naïve, crédule, facile à tromper. Le mot a fait le tour de l'Afrique avec « Premier Gaou », succès de Magic System enregistré en 1999, qui traite avec humour d'un amour intéressé, celui d'une femme attirée par l'argent plus que par les sentiments.
Voir la fiche → Côte d'IvoireNouchi : comment l'argot d'Abidjan parle de séduction et de couple
Le nouchi, argot né à Abidjan dans les années 1970 parmi des jeunes des quartiers populaires, mêle français, dioula et autres langues ivoiriennes. Il a son propre vocabulaire de la séduction : une « go » désigne une jeune femme, un « gaou » un naïf. Popularisé par le zouglou, il a fait entrer des mots dans le Petit Larousse.
Voir la fiche → CamerounCamfranglais : comment le Cameroun parle d'amour, de drague et de couple
En camfranglais, le parler urbain né chez les étudiants de Yaoundé au début des années 1980, une petite amie peut se dire « go » ou « dossier » : « avoir un nouveau dossier », c'est avoir une nouvelle copine. Ce mélange de français, d'anglais, de pidgin et de langues locales est surtout parlé par les jeunes.
Voir la fiche →Fornication et adultère dans les langues d'Afrique francophone
Les langues d'Afrique francophone nomment l'adultère et les relations hors mariage avec des termes de trois origines : des emprunts à l'arabe venus avec l'islam, comme zina, des mots fixés par les traductions de la Bible, et des termes coutumiers plus anciens. Chaque langue reflète ainsi l'histoire religieuse de ses locuteurs.
Voir la fiche →Dot, viduité, option de monogamie : le vocabulaire du mariage en droit africain
Le délai de viduité est la période pendant laquelle une femme divorcée ou veuve ne peut se remarier : 300 jours dans plusieurs codes, comme au Bénin ou en Côte d'Ivoire. L'option de monogamie est le choix, fait au mariage, d'interdire au mari d'autres épouses, comme au Sénégal ou au Burkina Faso.
Voir la fiche →Polygamie, polygynie, bigamie : quelle différence et quels mots employer ?
La polygamie désigne le fait d'avoir plusieurs conjoints en même temps. La polygynie en est la forme où un homme a plusieurs épouses, la seule admise par les droits africains qui l'autorisent. La polyandrie, une femme avec plusieurs maris, y est interdite. La bigamie désigne un second mariage contracté avant la dissolution du premier.
Voir la fiche → SénégalLes mots du mariage au Sénégal : du wolof au français local
Au Sénégal, le mariage se dit et se vit en plusieurs langues : le wolof nomme les étapes de l'union et le rang des épouses, l'arabe fournit le vocabulaire religieux et le français celui de l'état civil. Ce lexique, repris dans le français du Sénégal, reflète la place de la polygamie et du mariage religieux.
Voir la fiche → RD CongoKinshasa : comment le lingala et la rumba nomment la maîtresse et l'infidélité
À Kinshasa, le français local parle de « deuxième bureau » pour la maîtresse attitrée d'un homme marié, une réalité que des hommes assument parfois ouvertement malgré l'interdiction légale de la polygamie en RDC. La rumba, chantée en lingala, a fait de l'amour et de l'infidélité des thèmes majeurs, à documenter chanson par chanson.
Voir la fiche →Histoire
Les signares et le « mariage à la mode du pays » au Sénégal colonial
Aux XVIIIe et XIXe siècles, à Saint-Louis et à Gorée, des femmes africaines ou métisses, les signares, s'unissaient à des Européens selon un « mariage à la mode du pays ». Ces unions, proches du droit coutumier plus que du droit français, duraient souvent le temps du séjour du mari et restaient tolérées par l'administration.
Voir la fiche →Mariage et statut personnel dans l'Afrique coloniale française
Sous la colonisation française, les « sujets » africains gardaient leur statut personnel : mariage, divorce et héritage relevaient de la coutume ou du droit musulman, appliqué notamment par des cadis. Seuls les citoyens relevaient du Code civil. Les originaires des Quatre Communes du Sénégal cumulaient citoyenneté, obtenue en 1916, et statut musulman.
Voir la fiche →Après les indépendances : comment les États ont réécrit le droit du mariage
Après les indépendances, chaque État a choisi sa voie. La Côte d'Ivoire interdit la polygamie dès sa loi sur le mariage de 1964 et la Guinée en 1968, quand le Sénégal l'encadre par option dans son Code de la famille de 1972. Le Cameroun reconnaît en 1981 mariages civil, coutumier et religieux.
Voir la fiche → Burkina FasoThomas Sankara face à la polygamie, à la dot et au lévirat
Président du Burkina Faso de 1983 à 1987, Thomas Sankara a placé l'émancipation des femmes au cœur de sa révolution. Il a mis fin à la dot et au lévirat, fixé un âge minimum au mariage pour lutter contre les unions forcées et interdit l'excision. Il a aussi tenté de combattre la polygamie et la prostitution.
Voir la fiche → MaliAguelhok, juillet 2012 : la lapidation d'un couple non marié au nord du Mali
Le 29 juillet 2012, à Aguelhok, dans le nord du Mali alors contrôlé par des groupes islamistes armés, un homme et une femme accusés d'avoir eu des enfants hors mariage ont été lapidés à mort en public. Ce crime, dénoncé par les autorités maliennes, a inspiré le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako.
Voir la fiche →Missions chrétiennes et polygamie : un conflit fondateur en Afrique
Les missions catholiques et protestantes ont généralement exigé qu'un homme polygame ne garde qu'une épouse avant d'être baptisé. Cette règle a déchiré des familles et éloigné des convertis potentiels. Elle explique en partie l'essor d'Églises africaines indépendantes, comme celle du prophète Harris, plus tolérantes envers les foyers polygames.
Voir la fiche →Polygamie en Afrique de l'Ouest : ce que montrent cinquante ans d'enquêtes
Lentement et pas partout. Selon les enquêtes démographiques analysées par le CEPED, près de la moitié des femmes en union vivaient en union polygame au Sénégal en 1978 comme en 1992. La Côte d'Ivoire, qui l'a interdite en 1964, passe de 41 % en 1975 à 37 % en 1994. L'âge plus tardif au mariage explique une partie du recul.
Voir la fiche → CamerounCameroun : comment le délit d'adultère a traversé la réforme pénale de 2016
Le Cameroun réprimait déjà l'adultère avant 2016, avec des conditions plus strictes pour poursuivre le mari que l'épouse. La réforme pénale de 2016 a maintenu le délit à l'article 361, en visant l'épouse comme le mari qui a des relations hors de son ou ses mariages. La plainte du conjoint reste nécessaire.
Voir la fiche → GuinéeGuinée : de l'interdiction de 1968 au compromis de 2019 sur la polygamie
La Guinée avait interdit la polygamie en 1968, sous des peines de prison rarement appliquées, alors qu'elle restait courante dans les mariages religieux. En 2018, les députés ont voulu l'autoriser librement ; le président Alpha Condé a refusé le texte. Le compromis voté en mai 2019 la permet sur option et avec l'accord de l'épouse.
Voir la fiche → BéninBénin : comment le pays est passé du Coutumier du Dahomey à la monogamie
Jusqu'en 2004, la famille béninoise relevait largement de coutumes recueillies sous la colonisation dans le Coutumier du Dahomey, qui admettait la polygamie. Le Code des personnes et de la famille de 2004, examiné par la Cour constitutionnelle, ne reconnaît plus que le mariage civil monogame. En 2013, 23,5 % des mariages restaient polygames.
Voir la fiche →Société
Combien de Sénégalais vivent en union polygame ? Les chiffres clés
Selon une étude de 2016 citée par l'OCDE, 23 % des hommes mariés et 35 % des femmes mariées vivent en union polygame au Sénégal. La plupart de ces unions comptent deux épouses. Pew Research estime, à partir des enquêtes démographiques et de santé, que 23 % des Sénégalais vivent dans un foyer polygame.
Voir la fiche → Burkina FasoBurkina Faso et Mali : les pays où l'on vit le plus en famille polygame
Selon Pew Research Center, qui s'appuie sur les enquêtes démographiques nationales, le Burkina Faso est le pays où la part de la population vivant dans un foyer polygame est la plus élevée : 36 %. Suivent le Mali (34 %) et le Nigeria (28 %), contre 11 % en Afrique subsaharienne et environ 2 % dans le monde.
Voir la fiche → RD CongoRDC : pourquoi la polygamie persiste malgré son interdiction
Non. Le droit congolais impose le mariage monogame depuis le Code de la famille de 1987. La polygamie persiste pourtant sous forme coutumière ou à travers le « deuxième bureau », une compagne non officielle parfois connue de la première épouse. Pew estime à environ 2 % la part des Congolais vivant dans un foyer polygame déclaré.
Voir la fiche →Âge légal du mariage en Afrique francophone : le tableau par pays
L'âge minimum varie selon les pays. Il est de 18 ans pour les deux sexes en RDC, au Bénin et au Togo, mais de 16 ans pour les filles au Sénégal et au Mali, et de 15 ans au Cameroun selon l'ordonnance de 1981. Des dérogations existent, et les mariages religieux ou coutumiers échappent souvent au contrôle de l'état civil.
Voir la fiche →Union libre en Afrique francophone : quels droits pour les couples non mariés ?
Dans la plupart des pays d'Afrique francophone, comme au Sénégal, au Togo, en Guinée ou au Bénin, la loi ne reconnaît pas l'union libre. Un concubin n'hérite pas de son partenaire et ne peut pas réclamer de pension. Les femmes sont les premières exposées en cas de séparation ou de décès du compagnon.
Voir la fiche → Côte d'IvoireCôte d'Ivoire : ce qu'a changé la loi de 2019 pour les enfants nés hors mariage
Oui. La réforme de la filiation de 2019 a supprimé l'obligation d'obtenir l'accord de l'épouse : une simple notification suffit pour qu'un homme marié reconnaisse un enfant né hors mariage. Le terme « adultérin » a aussi disparu. Le gouvernement a rejeté l'idée d'une légalisation de l'adultère, qui restait selon lui un délit.
Voir la fiche →Relations hors mariage : ce qu'en pensent les Africains selon les sondages
Selon une vaste enquête du Pew Research Center menée en 2008-2009 dans 19 pays d'Afrique subsaharienne, chrétiens et musulmans désapprouvent très majoritairement les relations sexuelles entre personnes non mariées. Les musulmans sont en revanche bien plus nombreux que les chrétiens à juger la polygamie acceptable ou à n'y voir aucune question morale.
Voir la fiche →Divorcer pour adultère en Afrique francophone : règles et inégalités
Oui. Les codes de la famille du Togo, du Mali et du Burkina Faso, entre autres, citent l'adultère parmi les causes de divorce. Certains textes ont longtemps traité les époux différemment : l'ancien Code civil guinéen n'ouvrait ce divorce à l'épouse que si le mari entretenait une concubine au domicile conjugal.
Voir la fiche →La dot en Afrique francophone : coutume, obligation légale ou interdit ?
Cela dépend du pays. Le Code de la famille de la RDC fait de la dot une condition du mariage, versée par le futur époux à la famille de la fiancée. Le Togo la reconnaît pour le mariage civil comme coutumier. Au Burkina Faso, Thomas Sankara l'avait combattue, y voyant une marchandisation des femmes.
Voir la fiche →Mariage religieux non déclaré : quels risques pour les épouses ?
Souvent non. En Guinée et au Bénin, seul le mariage célébré par l'officier d'état civil a une valeur légale. Au Sénégal, le mariage religieux n'est reconnu que s'il a été déclaré à l'état civil. Une épouse dont l'union n'est pas déclarée peut se retrouver sans droit à la pension, à l'héritage ou à la garde.
Voir la fiche →Culture
« Une si longue lettre » : le roman de Mariama Bâ sur la polygamie
Publié en 1979, Une si longue lettre est un roman épistolaire de la Sénégalaise Mariama Bâ. Veuve depuis peu, Ramatoulaye écrit à son amie Aïssatou. Toutes deux ont vu leur mari prendre une seconde épouse : Ramatoulaye est restée, Aïssatou est partie. Prix Noma 1980, le livre est un classique sur la polygamie.
Voir la fiche → Sénégal« Xala » d'Ousmane Sembène : la polygamie comme satire sociale
Dans Xala, roman de 1973 adapté au cinéma en 1975, Ousmane Sembène raconte la chute d'El Hadji Abdoukader Beye, homme d'affaires de Dakar qui épouse une troisième femme pour afficher sa réussite. Frappé d'impuissance le soir des noces, il soupçonne ses épouses. Le film fait de la polygamie le symbole d'une élite corrompue.
Voir la fiche → Sénégal« Maîtresse d'un homme marié » : la série qui a divisé le Sénégal
Diffusée depuis 2019 sur 2STV et YouTube, la série sénégalaise Maîtresse d'un homme marié suit cinq femmes de Dakar face à l'adultère, à la polygamie ou aux violences conjugales. Des associations religieuses, dont Jamra, ont saisi le régulateur, le CNRA, qui l'a autorisée en mars 2019 sous réserve de correctifs.
Voir la fiche → Burkina Faso« Tilaï » : quand la loi coutumière condamne un amour interdit
Dans Tilaï, sorti en 1990, Saga revient dans son village du Burkina Faso et découvre que sa fiancée Nogma a épousé son père. Leur liaison, qui fait de Nogma la belle-mère de Saga, viole la loi coutumière : la famille le condamne à mort. Le film a reçu le Grand Prix du jury à Cannes.
Voir la fiche → Mali« Timbuktu » : le film né de la lapidation d'un couple non marié
Oui en partie. Abderrahmane Sissako a imaginé Timbuktu après la lapidation, à l'été 2012, d'un couple non marié à Aguelhok, dans le nord du Mali alors tenu par des groupes islamistes armés. Le film montre Tombouctou sous des interdits imposés à la population. Il a remporté sept César en 2015, dont celui du meilleur film.
Voir la fiche → Côte d'Ivoire« Aya de Yopougon » : grossesse hors mariage et mœurs d'Abidjan en BD
Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, suit trois amies d'un quartier populaire d'Abidjan à la fin des années 1970. Adjoua tombe enceinte hors mariage et attribue l'enfant au fils d'une famille riche, ce qui déclenche un mariage arrangé, puis annulé. Le premier tome a été primé à Angoulême en 2006.
Voir la fiche → Côte d'Ivoire« Les Soleils des indépendances » : mariage, stérilité et polygamie chez Kourouma
Dans ce roman d'Ahmadou Kourouma paru en 1968, Fama, prince malinké déchu après l'indépendance, vit avec Salimata, qui ne peut avoir d'enfant, puis avec Mariam, veuve de son cousin qu'il a héritée selon la coutume. À travers Salimata, excisée et violée dans sa jeunesse, le roman dénonce le sort fait aux femmes.
Voir la fiche → Sénégal« Riwan ou le chemin de sable » : Ken Bugul, vingt-huitième épouse d'un marabout
Dans Riwan ou le chemin de sable, roman inspiré de sa propre vie et couronné en 1999 par le Grand Prix littéraire d'Afrique noire, la Sénégalaise Ken Bugul raconte comment une femme instruite, revenue d'Europe, devient la vingt-huitième épouse d'un marabout. Le livre interroge sans jugement simple polygamie, monogamie et tradition.
Voir la fiche → Cameroun« Une vie de boy » : l'adultère des colons vu par un domestique camerounais
Dans Une vie de boy de Ferdinand Oyono, Toundi, domestique camerounais au service d'un commandant colonial, découvre que l'épouse de son maître le trompe avec le régisseur de la prison. Ce secret, que les colons ne lui pardonnent pas de connaître, le conduit à l'arrestation et à la mort, et révèle l'hypocrisie morale du pouvoir colonial.
Voir la fiche → Sénégal« Faat Kiné » : Sembène et la mère célibataire dans le Sénégal moderne
Dans Faat Kiné (2000), Ousmane Sembène suit une Dakaroise de quarante ans qui dirige une station-service et élève seule deux enfants, nés de deux hommes qui l'ont abandonnée. Elle refuse la honte attachée aux mères célibataires. Le film croise trois générations de femmes dans un Sénégal en pleine mutation.
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